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Parce que la mort "loin des familles" doit être accompagnée
On le sait, hélas, l'épidémie de coronavirus et les contraintes du confinement ont empêché et empêchent encore aujourd'hui nombre de familles d’accompagner comme elle le voudrait la fin de vie d’un parent, en particulier dans le cas des résidents en EHPAD. Pour l'Académie, la non présentation du corps, justifiée par des raisons de sécurité sanitaire imposant une mise en bière immédiate en cercueil fermé, mésestime le besoin de se représenter la réalité, génère des sentiments de dépossession, voire de culpabilité, et aggrave la perception d’inachevé d’une histoire affective. De fait, parce que ces situations sont insupportables à vivre à bien des titres tant pour les familles que pour les équipes soignantes confrontées à des tensions éthiques, l’ultime regard posé sur le défunt est un instant irremplaçable, pour beaucoup nécessaire, pierre angulaire de l’acceptation. Cette confrontation doit être proposée dans la mesure des possibilités, dans le respect des règles de sécurité sanitaire, à la personne de confiance, à la famille, aux proches. Face à la mort d’un être cher, il importe donc de respecter les choix de chaque famille dans leurs dimensions culturelles et cultuelles, au mieux des possibilités. L'Académie nationale de Médecine recommande en l'état certaines pratiques visant à humaniser les circonstances de deuil en cette période épidémique. Elle cite de maintenir la possibilité de visiter un résident en EHPAD, tout en respectant les règles de sécurité sanitaire, et de faciliter les conditions d’une présence familiale lorsque le pronostic médical laisse prévoir une issue proche mais aussi d’inviter les familles privées de proximité avec leur proche durant les dernières étapes de sa vie, si elles le souhaitent, à rencontrer un représentant de l’équipe soignante ou d’accompagnement pour retracer les conditions de départ de l’être cher.
Devenir IADE : "Changer de métier mais au sein de ma profession"
Jordan Fradin est infirmier anesthésiste depuis peu. Son diplôme, il vient de l’obtenir en pleine période de crise sanitaire majeure. Il nous raconte cette fin de formation hors norme mais aussi et surtout ce qui l’a motivé à reprendre ses études pour acquérir de nouvelles compétences à mettre au service du système de santé. Rencontre avec un infirmier pour qui la notion d’engagement professionnel prend tout son sens.
Infirmiers.com - Jordan, vous avez obtenu votre diplôme d’infirmier en 2013, à l’Ifsi du CHU de Nantes. Quel a été votre parcours depuis ?
Jordan Fradin – J’ai un parcours assez atypique car justement je n’ai jamais travaillé en service hospitalier. La seule expérience de l’hôpital que j’ai acquise était celle de mes trois années de stages lors de ma formation initiale. Ma première expérience (et la seule !) en tant qu’infirmier fût donc un poste d’infirmier sapeur-pompier au sein de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris (BSSP) durant 5 années. La majeure partie de mon activité s’articulait sur l’urgence pré hospitalière à bord d’ambulance de réanimation ; l’équivalent d’un SMUR hospitalier où j’exerçais sous délégation d’un médecin sapeur-pompier et en collaboration avec un sapeur-pompier de Paris ayant son diplôme d’état d’ambulancier. D’autres tâches et missions faisaient partie de notre fiche de poste, comme la réalisation des visites médicales d’aptitude des sapeurs-pompiers ou bien encore le soutien sanitaire du Président de la République et de Hauts Dignitaires d’États dans certains de leurs déplacements. En outre, je faisais partie de la cellule formation de mon centre médical, où nous nous occupions de l’encadrement des étudiants (ESI et EIA notamment) et de la formation continue du personnel.
Parce qu'aucun professionnel de santé ne doit rester seul face à sa souffrance...
Retrouvez sur ce lien la version digitale dans son intégralité du Colloque qui s'est tenu le 5 novembre 2020. Nous y reviendrons prochainement pour vous en livrer quelques éléments significatifs.
Protéger les enfants les plus vulnérables contre les maladies mortelles et invalidantes ...
Ces dernières années, on a assisté à une résurgence mondiale de la rougeole avec des épidémies dans toutes les régions du monde. Les lacunes en matière de couverture vaccinale ont été encore aggravées en 2020 par la COVID-19. De même, si la polio n'est pas éradiquée maintenant, la maladie va réapparaître dans le monde entier et pourrait provoquer jusqu'à 200 000 nouveaux cas par an dans les dix ans à venir. De fait, l'UNICEF et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) lancent aujourd'hui un appel urgent à l'action pour éviter des épidémies majeures de rougeole et de polio alors que la COVID-19 continue de perturber les services de vaccination dans le monde entier, laissant des millions d'enfants vulnérables exposés à un risque accru de maladies infantiles évitables. Nous ne pouvons pas permettre que la lutte contre une maladie mortelle nous fasse perdre du terrain dans la lutte contre d'autres maladies, a déclaré Henrietta Fore, directrice générale d'UNICEF. Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS a rappelé de son côté que contrairement à la COVID, nous disposons des outils et des connaissances nécessaires pour arrêter des maladies telles que la polio et la rougeole. Ce dont nous avons besoin, ce sont les ressources et des engagements à mettre en œuvre ces outils et ces connaissances. Si nous faisons cela, des vies d’enfant seront sauvés. Et de rappeler que de nouveaux outils, notamment un nouveau vaccin oral contre la polio de nouvelle génération et le plan d'intervention stratégique contre les flambées de rougeole à venir, devraient être déployés au cours des prochains mois, pour aider à faire face à ces menaces croissantes de manière plus efficace et plus durable, et au final sauver des vies. Le plan est une stratégie mondiale visant à prévenir, détecter et réagir rapidement et efficacement aux épidémies de rougeole.
Ressources sur le sujet à retrouver sur le site de l'UNICEF.
Covid-19 : 58 000 nouveaux cas en 24h, la deuxième vague est "brutale"
Jeudi 5 novembre, le ministère de la Santé a fait le point sur la situation épidémique. Pour lui, le message est clair: la deuxième vague est bien là, elle est brutale et se propage rapidement. La France a comptabilisé 1,6 million de cas et devient le pays d'Europe qui compte le plus grand nombre de contaminations. Espérons que les Français surmontent la lassitude et l'amertume de la situation pour que le confinement soit efficace.
Si le virus continue à circuler avec un R à 1,2, nous avons un risque fort de saturation. (...) La situation est tendue. Nous devons tenir, a scandé Olivier Véran le 5 novembre dernier.
Plus de 58 0000 nouveaux cas de contamination au Sars-Cov-2 en 24h, soit 20 000 de plus que la veille ! Un chiffre minimal et non consolidé en raison de difficultés dans la remontée des résultats des tests, a par ailleurs averti Santé publique France. A présent, la France est le pays d'Europe qui compte le plus grand nombre de cas, a affirmé, jeudi 5 novembre, Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé lors d'une conférence de presse.
Les indicateurs hospitaliers sont également en hausse. Le nombre de nouvelles hospitalisations hebdomadaires comme le nombre d'entrées en réanimation ont progressé de 43%. On comptait le 5 novembre plus de 4 400 patients en réanimation. Quant aux décès, les chiffres ne font malheureusement pas exception : ils ont aussi augmenté la semaine dernière avec 2 242 morts enregistrés, toujours d'après l'organisme public de santé.
Rouen, fumées noires et gilets jaunes
La revue Z est « une revue itinérante d'enquête et de critique sociale ». Chaque numéro est construit autour d'un lieu et d'un thème qui s'entrecroisent.
Pour ce numéro 13 [1], l'équipe de Z est partie pendant un mois enquêter à Rouen à la suite de l'incendie du 26 septembre 2019 qui a détruit une partie de l'usine d'additifs chimiques Lubrizol et de l'entrepôt voisin Normandie logistique. Cet incendie « a déversé dans l'environnement 10 000 tonnes de produits chimiques, dont la toxicité est attestée par 479 fiches de sécurité faisant état d'un large éventail de substances cancérogènes, reprotoxiques et mutagènes, toxiques pour les organismes aquatiques, pouvant provoquer des troubles neurologiques... ».
L'enquête est relatée avec rigueur, mais aussi avec un certain humour.
La chronologie de l'accident est déroulée à partir de déclarations et témoignages, déclaration des officiels banalisant la pollution et mettant en avant l'absence de toxicité aiguë, témoignages des habitant.e.s de Rouen et des environs tel Frédéric, conducteur de bus, que la direction voulait obliger à travailler sous les fumées ou Pascal, agriculteur bio, dont les terres ont été touchées, et qui a dû renoncer à porter plainte contre Lubrizol pour pouvoir toucher des indemnités, paroles des prisonnier.e.s qui n'ont pas pu échapper aux vapeurs d'hydrocarbure (la prison est située à 2 km de l'usine) et dont certain.e.s ont porté plainte.
Une partie du dossier est consacrée aux « gens du voyage » dont l'aire d'accueil jouxtait l'usine, à leur histoire, aux discriminations qu'ils et elles subissent au quotidien.
Rouen n'est pas un cas isolé et l'équipe de Z revient sur les nombreuses autres catastrophes pétrochimiques sous la forme d'un « grand concours » (depuis « la plus durable » : Minamata au Japon en 1932 à la « plus mal gérée » : Seveso en Italie en 1976) ou de « Conseils de Total à Lubrizol et aux autres », 20 ans après la catastrophe d'AZF à Toulouse. Le dossier fait aussi le lien avec l'augmentation du nombre de cancers chez l'enfant et le combat des parents dans plusieurs lieux en France pour faire reconnaître les clusters de cancers et pour qu'une enquête soit menée
La parole est donnée à de nombreux intervenant.e.s (inspecteurs du travail, contrôleur du travail, salariés, chercheur.e.s, syndicalistes...) qui nous permettent de comprendre pourquoi on en est arrivé là : primat du profit sur la santé et l'environnement, absence de respect du Code du travail, à l'origine de centaines de morts par an, insuffisance de personnel et de moyens au niveau de l'inspection du travail, assouplissement de la législation sur les contrôles, suppression des CHSCT, conditions de travail difficiles et dangereuses, tout particulièrement dans la sous-traitance, parcours du combattant pour la reconnaissance des maladies professionnelles, absence d'obligation de tenue de registres du cancer...
Le dossier témoigne aussi de l'inventivité des résistances populaires que l'équipe de Z est allée rencontrer à Rouen : mouvement des gilets jaunes, luttes dans un foyer de travailleur immigré et à l'hôpital psychiatrique du Rouvray.
Présenté par Marie Kayser
[1] 1. À commander sur leur site ou auprès de votre librairie.
Victoire de Paul François contre Monsanto
Marie Kayser,
Médecin généraliste.
Une nouvelle importante et réjouissante : Paul François, l'agriculteur qui avait été victime en 2004 d'une intoxication aiguë au Lasso°, pesticide produit par la firme Monsanto, rachetée en 2018 par Bayer, vient de gagner son procès contre Monsanto.
La cour de cassation a rejeté par un arrêt du 21 octobre le deuxième pourvoi en cassation de Monsanto. (Voir ci-dessous le communiqué de presse de la cour de cassation).
Elle valide ainsi l'arrêt de la cour d'appel de Lyon qui avait reconnu en 2019 la responsabilité de Monsanto dans les troubles présentés par Paul François à la suite de son intoxication.
Paul François dans une interview : David contre Goliath avait relaté pour la Revue Pratiques de janvier 2017 : Travail et santé, passer de la plainte à l'offensive qu'après avoir inhalé les vapeurs d'une cuve ayant contenu ce pesticide, il avait perdu connaissance et avait dû être hospitalisé. Ce premier épisode avait été suivi d'autres épisodes de comas et de troubles neurologiques très invalidants et persistants.
Il nous avait fait part de son long combat au niveau de l'Assurance maladie pour sa reconnaissance en maladie professionnelle et au niveau juridique dans le cadre de sa plainte contre Monsanto pour « défaut d'information sur l'étiquette et non-respect du devoir de vigilance » : J'avais découvert entre-temps que ce produit avait été interdit par le Canada dès 1985. J'ai également pu accéder en Belgique au dossier d'homologation du Lasso®, indiquant que ce produit était retiré du marché belge depuis 1991, car la firme refusait de répondre aux questions du ministère de l'Hygiène et de la Santé belge concernant les effets du produit sur la santé humaine. Monsanto ne pouvait donc pas ignorer la dangerosité et il aurait dû être plus explicite et préciser que, dans certains cas de figure, il fallait s'équiper de protections adaptées. (À noter qu'en France le Lasso° n'a été interdit qu'en 2007).
Ce combat a aussi mené à la création en 2011 de l'Association phyto-victimes qui a pour but d'apporter un soutien à l'ensemble des professionnels victimes de pesticides.
Cette victoire contre Monsanto est très importante mais le combat n'est pas terminé.
Il ne l'est pas pour Paul François car la question de son indemnisation par Monsanto sera évoquée devant le tribunal judiciaire de Lyon dans les prochains mois.
Il n'est pas terminé non plus pour l'ensemble des citoyen.e.s.
Le plan Ecophyto prévoyait une réduction de l'utilisation des pesticides en France de 50 % entre 2011 et 2018, mais, selon les données gouvernementales sur l'état de l'environnement en France : « entre 2009 et 2018, les ventes d'insecticides (y compris les acaricides) ont progressé de 41 % ; celles des fongicides (y compris les bactéricides) ont été multipliées par 3,5, tandis que celles des herbicides ont augmenté de 23 %. Seules les ventes des autres produits, comme les nématicides ou les rodenticides, ont diminué de 16 %. Sur cette même période, la surface agricole utilisée (SAU) a diminué de 1 % ».
De plus le gouvernement vient de faire marche arrière : une loi permettant d'instaurer des dérogations à l'interdiction des néonicotinoïdes pour les cultures de betteraves a été définitivement adoptée, ce vendredi 30 octobre 2020, par l'Assemblée nationale avec 103 voix pour et 45 voix contre.
Cette loi est une remise en cause de celle adoptée en 2016, sur l'interdiction des néonicotinoïdes qui devait s'appliquer à partir de 2018, sans dérogation possible en 2020. Pourtant « la toxicité des néonicotinoïdes n'est plus à démontrer » comme l'explique dans une interview de Reporterre le toxicologue expert de ces molécules Jean-Marc Bonmatin.
N.B. Le DVD : LES SENTINELLES, de Pierre Pézerat, 2019 (disponible ici) raconte très bien le combat de Paul François et d'autres victimes des pesticides, tels les ouvriers agricoles de la coopérative bretonne de Nutréa Triskalia, intoxiqués par des insecticides ainsi que celui des ouvrier.e.s exposé.e.s à l'amiante
Arrêt n° 616 du 21 octobre 2020 (19-18.689) — Cour de Cassation — Première chambre civile
COMMUNIQUÉ de la cour de cassation
Responsabilité du fait des produits défectueux
Mercredi 21 octobre 2020
Les faits :
Le 27 avril 2004, lors de l'ouverture d'une cuve de traitement d'un pulvérisateur, un agriculteur a accidentellement inhalé les vapeurs d'un herbicide commercialisé par la société Monsanto agriculture France, jusqu'à son retrait du marché en 2007.
L'arrêt de la cour d'appel attaqué :
Cette société a été déclarée responsable du dommage subi par l'agriculteur sur le fondement des articles 1245 et suivants du Code civil.
L'arrêt de la Cour de cassation :
La Cour de cassation admet la motivation de la cour d'appel selon laquelle :
- Le régime de responsabilité du fait des produits défectueux est applicable, en raison de la date de mise en circulation du produit, considérée comme postérieure à la date d'entrée en vigueur de la loi n° 98-389 du 19 mai 1998
- La société Monsanto peut être assimilée au producteur dès lors qu'elle se présentait comme tel sur l'étiquette du produit
- Le dommage survenu est imputable au produit, des indices graves, précis et concordants permettant d'établir un lien entre l'inhalation de celui-ci et ce dommage
- Le produit, ne présentant pas la sécurité à laquelle on peut légitimement s'attendre, en raison d'un étiquetage ne respectant pas la réglementation applicable et d'une absence de mise en garde sur la dangerosité particulière des travaux sur ou dans les cuves et réservoirs, est défectueux
- Un lien causal entre le défaut et le dommage est établi
— La société n'est pas fondée à invoquer une exonération de responsabilité pour risques de développement
- La faute de la victime, alléguée par la société Monsanto, est sans lien de causalité avec le dommage.
Edito - Joëlle, infirmière, emportée par la COVID-19...
La triste nouvelle communiquée le mercredi 4 novembre par le centre hospitalier de Bastia a suscité une très vive émotion au sein de la communauté infirmière. Le 2 octobre, la Covid-19 a emporté Joëlle Ferricelli, une mère de famille de 56 ans, infirmière depuis 20 ans au sein de l'hôpital de Bastia ; la première victime parmi les soignants au sein de cet établissement, mais également sur l'île. Joëlle exerçait pendant la crise sanitaire au bloc opératoire ainsi qu'aux endoscopies. Elle était traitée depuis plusieurs jours dans le service de réanimation de l'établissement.
Joëlle, infirmière au Centre hospitalier de BastiaNotre rédaction adresse également ses pensées les plus sincères à la famille de Joëlle, à ses amis et ses collègues de travail. Qu'elle repose en paix et comme on le dit en Corse "ch'ella riposa in pace."
Joëlle Ferricelli, selon un communiqué du Centre hospitalier de Bastia, était très appréciée de ses collègues ainsi que des patients pour lesquels elle était d'un grand dévouement : une professionnelle reconnue, très engagée dans son métier d'infirmière ainsi que dans la vie de l'hôpital. Elle avait successivement exercé au sein du service des urgences, de réanimation, du bloc opératoire et endoscopies et a également beaucoup œuvré pour les démarches de certification et dans la formation professionnelle des aides-soignants.
Mise en ligne du N° 847, volume 65 (juillet 2020) de la revue 'Soins'
P. 1-59© 2020, Elsevier Masson SAS
Mise en ligne du N° 848, volume 65 (septembre 2020) de la revue 'Soins'
P. 1-64© 2020, Elsevier Masson SAS
Covid-19 : "Les étudiants paramédicaux ne sont pas une variable d'ajustement"
"Nous sommes des ambassadeurs de la vaccination et de la santé publique"
Pour sa douzième édition le 5 novembre, la Matinale de l’Ordre national Infirmier s’est penchée sur les enjeux de la vaccination en France et le rôle des infirmiers dans le dispositif. Un dispositif de protection de la population qui a progressé au fil des années, mais qui a également souffert du sentiment de méfiance - voire de défiance - chez les Français, qu'ils soient soignants ou patients. En cette période d'épidémie de Covid-19, de reconfinement et d'arrivée des virus hivernaux - notamment de la grippe - comment sensibiliser la population à la nécessité de se faire vacciner et positionner la profession infirmière, aux côté des autres acteurs de santé, de manière à ce que sa contribution soit optimale ?
Au Québec, les infirmiers reçoivent jusqu'à 320 personnes par heure dans des cliniques privées et publiques pour vacciner en toute autonomie, sans ordonnance.
Depuis plusieurs années, l'ONI s'est emparé du sujet de la vaccination anti-grippale et l'encourage vivement dans ses rangs, rappelant à maintes reprise combien "le rôle infirmier en la matière doit être exemplaire". Signataire, avec d'autre Ordres, d'une convention avec le Ministère de la santé et des solidarités pour promouvoir la démarche chez les infirmiers, l'Ordre constate chez ses adhérents le souhait très net d'accéder à plus de responsabilités dans ce champ d'exercice. Nous avons de grandes revendications sur le sujet, déclare Patrick Chamboredon, Président de l'ONI. Rien d'étonnant : à l'heure actuelle, 1,5 million de personnes en France sont vaccinées contre la grippe par des infirmiers, qui peuvent désormais éditer des bons de vaccination et identifier sur le terrain des personnes à cibler, rappelle François-Xavier Brouck, Directeur des assurés à la CNAM, qui précise par ailleurs que le taux de vaccination par les médecins a fortement chuté, et que 20 % des actes sont désormais réalisés par les infirmiers et 30 % par des pharmaciens d'officine.
Pour rappel, les pharmaciens ont été autorisés à vacciner d'abord de façon expérimentale sur certains territoires, puis l'autorisation est devenue officielle, ce qui entraîné de vives réactions de la part des infirmiers libéraux mais, comme l'a souligné Patrick Chamboredon, les tensions entre professionnels de santé ne sont jamais bonnes, ni pour les uns, ni pour les autres.
La fatigue et le manque d’effectifs : principale crainte dans les Ehpad
Si l’on regarde du côté de Santé Publique France, les indicateurs ne sont pas rassurants en Ehpad. Le nombre de morts liés à la Covid-19 a "nettement augmenté" la semaine dernière, et cette tendance risque de s'accentuer à cause de la hausse des contaminations chez les personnes âgées, notamment en Ehpad, selon les données hebdomadaires publiées vendredi 30 octobre. "L'augmentation du nombre de cas de Covid-19 parmi les résidents des Ehpad fait craindre une augmentation des décès dans les prochaines semaines", a mis en garde l'agence sanitaire.
De l’avis de beaucoup, l’organisation est aujourd’hui mieux rodée dans les Ehpad, mais la grande crainte concerne le remplacement du personnel.
Durant la semaine du 19 au 25 octobre, le nombre de cas confirmés dans les établissements médico-sociaux, dont les Ehpad, a connu une très forte augmentation (+84% par rapport à la semaine précédente).
Le nombre de décès en maison de retraite est lui aussi en augmentation depuis début septembre. Santé publique France estime le nombre de décès à 29 par jour en moyenne en établissement. Au 31 octobre enfin, 649 clusters étaient en cours d’investigation en Ehpad, soit 9% des établissements.
Dans la peau du coronavirus : « Les gens sont mon habitat »
Depuis des mois, on ne parle que de lui… sans jamais cependant entendre son point de vue ! Franck Courchamp, directeur de recherche au CNRS et titulaire de la Chaire Axa sur la biologie des invasions (Université Paris-Saclay), s’est glissé le temps d’une interview imaginaire dans la peau de ce coronavirus SARS-CoV-2 qui affole la planète. Au-delà de l’aspect ludique de cette "rencontre", c’est aussi une façon pour le scientifique de nous faire changer de perspective sur les enjeux de la pandémie et des enseignements qu’il serait heureux d’en tirer. Merci à The Conversation de partager avec nous ce "point de vue" tout à fait inédit...
Qui êtes-vous, coronavirus ?Un point de vue somme toute plutôt inquiétant, nest-ce pas ?
Je commencerais par dire, modestement, que je suis le King. Le roi. Après tout, corona en latin signifie "couronne", vous le reconnaissez donc vous-même en me donnant ce nom. Je suis un petit bijou de l’évolution, pourtant, je suis resté assez simple. Paradoxalement, cette simplicité est une source d’incompréhension pour vous. Vous avez déjà du mal à vous décider sur un point aussi basique que de savoir si je suis ou non vivant… À votre décharge, vous vous posez la même question pour tous mes autres confrères virus.
Les violences aux professionnels de santé libéraux désormais prises en compte par l'ONVS
L'ONI nous informe que l'ONVS refond actuellement cette plateforme informatique afin de pouvoir étendre le recueil des signalements de violence (atteintes aux personnes et aux biens) aux professions libérales de santé afin que le ministère ait, d’une part, une vue d’ensemble des violences commises contre les professionnels, quel que soit le mode d’exercice et, d’autre part, qu’il puisse en collaboration avec les ordres et en lien avec les partenaires institutionnels de la sécurité et de la justice améliorer leur sécurité. L'instance ordinale rappelle également que pour ce qui concerne les infirmiers salariés, la procédure ne change pas : ce sont toujours les établissements de santé auxquels ils sont rattachés qui ont accès à la plateforme et doivent y signaler les violences subies par leurs collaborateurs. Et de souligner que outre le signalement, l’Ordre appelle tous les infirmiers victimes de violences à porter plainte et propose une assistance via ses référents violence au sein de chaque conseil départemental ou interdépartemental. Il étudie la possibilité de constitution de partie civile afin d’apporter un soutien visible et d’appuyer auprès des tribunaux le caractère de très grande gravité des violences à l’encontre des soignants.
« Nous avons été les premiers à demander un reconfinement »
La seconde vague de l’épidémie de Sars-Cov-2 pourrait effectivement s’avérer pire que la première. Suite au reconfinement, qu’elle a d’ailleurs appelé de ses vœux, la Fédération Hospitalière de France (FHF) a tenu à faire le point sur la situation dans les établissements de santé, à nouveau en tension. Manque de lits, pénurie de personnels, la Fédération semble penser qu’il sera difficile de ne pas déprogrammer certains actes, même s’il faut limiter les pertes de chances pour les patients non-Covid.
Vite sortir de cet état de crise et éviter que les hôpitaux ne se retrouvent débordés. Pour la FHF, le reconfinement était la seule solution.
Si l’annonce du reconfinement mercredi dernier n’a pas été épargnée par les critiques, la Fédération Hospitalière de France estime que les remontées du terrain montrent le bien-fondé de cette mesure. Elle souhaite d’ailleurs que les exceptions soient le moins nombreuses possible, a déclaré Frédéric Valletoux, son actuel Président, lors d’une conférence de presse. Le but est d’éviter que les hôpitaux ne se retrouvent débordés et que l’on sorte vite de cet état de crise.
En effet, si au mieux du premier confinement le taux de contamination (R0) était aux alentours de 0,7, les experts espèrent cette fois un R0 optimal de l’ordre de 0,9. Il appartient à tous de respecter aux mieux les consignes. Il faut savoir que les effectifs n’ont pas augmenté par rapport au printemps dernier. Les soignants ne sont pas plus nombreux, et ils accusent la fatigue. Sans oublier qu’ils sont eux-mêmes touchés par le Covid, et qu'on constate donc un absentéisme, souligne Zaynab Riet, Déléguée générale de la FHF. Un absentéisme difficile à estimer ; néanmoins, la FHF a lancé une enquête sur ce sujet, les données sont actuellement en cours d’analyse et les résultats devraient prochainement être rendus publics. C’est un gros travail. On remarque que les chiffres varient beaucoup en fonction des établissements ou des Ehpad. De manière générale, ils sont de l’ordre de 8 à 9%. Cependant, cette situation n’est pas nouvelle, elle préexistait avant la crise, on n’observe pas de pic majeur au mois de septembre. Il est, en revanche, probable que l’on constate un différentiel entre 2019 et 2020, dû notamment à la Covid. On verra ce que donnent les résultats, informe Amélie Roux, Directrice du pôle ressources humaines de la FHF.
Sanofi refuse d'honorer les commandes d'hydroxychloroquine du Pr Raoult #HCQ #Covid19
Dans un document mis en ligne sur le site Internet de l’IHU Méditerranée infection par le Pr Didier Raoult, on découvre une lettre signée du Président de Sanofi et adressée au ministre de la Santé Olivier Veran. Dans ce courrier, le laboratoire pharmaceutique détaille les raisons règlementaires pour lesquelles il a décidé de ne pas honorer les commandes de Plaquenil de l’AP-HM. En dévoilant ce courrier, le Pr Raoult espère obtenir une clarification de la position du ministère de la Santé sur les traitements qu’il délivre à ses patients souffrant de la Covid-19.
Les brèves sur infirmiers.com, vous connaissez ?
Il existe un espace « En bref » en page d'accueil... Vous le connaissez ? Tous les jours, des « petites » informations, à la marge des actualités professionnelles de santé - ou pas - y sont déclinées... Parution de rapport, chiffres clés, résultats d'enquête, faits divers, parution d'ouvrage, revue de presse, anecdotes... autant de "petits plus" pour enrichir encore vos connaissances et bien évidemment, les partager, ce que nous faisons de notre côté sur notre fil twitter, par exemple, ou sur notre page facebook...
Tous les jours, sur l'espace « En Bref », une mine d'informations utiles... et agréables !
N'oubliez donc pas d'y jeter un œil au quotidien … car qui dit actu en bref ne veut pas dire manque d'intérêt....
Voici les quatre dernières brèves parues...
Covid-19 : quel pronostic à trois mois pour les patients en réanimation ?
Pour évaluer les caractéristiques cliniques et le pronostic à 90 jours de personnes malades du Covid-19 hospitalisées en réanimation durant la première vague de l'épidémie, une vaste étude baptisée "Covid-ICU*" a été menée du 25 février au 4 mai 2020 chez 4 244 patients** atteints de syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA). Initiée par le réseau de Recherche en Ventilation Artificielle (REVA) et promue par l’AP-HP***, elle a été coordonnée par Matthieu Schmidt, médecin à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, et financée par la Fondation AP-HP pour la recherche et un Programme Hospitalier de Recherche Clinique national dédié à l'épidémie de coronavirus. Après analyse, les données révèlent que plus le syndrome respiratoire est grave, plus la mortalité augmente (jusqu’à 50 % en cas de SDRA sévère) ; de même qu’elle triple, au moins, en cas d’intubation / ventilation (36 %, contre 11 % en l'absence de ventilation invasive). Par ailleurs, des complications pulmonaires et rénales ont été constatées chez certains patients post manoeuvres de reventilation (intubation, décubitus ventral). Sur le plan de l’organisation enfin, les durées moyennes de séjour en réanimation, plus longues que celles observées hors Covid-19, se sont explicitement montrées de nature à mettre en tension les services hospitaliers. Les résultats de ces travaux intermédiaires, auxquels la deuxième vague épidémique impose désormais un suivi à plus long terme, font également l'objet d'une publication scientifique intermédiaire dans les colonnes d'une revue internationale.
*ICU, pour Intensive Care Unit
**Population âgée de 63 ans en moyenne et composée aux 3/4 d'hommes, dont 41 % touchés par une obésité modérée à sévère
Tests antigéniques SARS-COV-2 : les rémunérations des médecins, infirmiers et pharmaciens publiées au JO
Si le 17 octobre, les médecins, les infirmiers et les pharmaciens étaient autorisés par décret à pratiquer les tests de dépistage antigéniques du SARS-COV-2, il restait à négocier les tarifs avec l’assurance maladie. Après 15 jours de négociation avec les syndicats, ils ont été publiés par au Journal officiel le 28 octobre.


